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SBF (Sans Bureau Fixe), mais où est Charlie ?

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La bascule s’est sans doute opérée pendant ces longues semaines de télétravail forcé, et les velléités d’exode urbain vont peut-être prendre corps pour nombre de cols blancs citadins. Le rêve bucolique va pouvoir devenir réalité. En effet, notre rapport à l’espace et au temps peut en ressortir métamorphosé puisque l’attache quotidienne à un lieu centralisé, le bureau, va se distendre, permettant aux collaborateurs, sans doute, de se détendre, si les choses se mettent en place comme il faut.

 

La clé du succès d’une telle mutation résidera dans le maintien de la capacité à pouvoir interagir également physiquement avec tous ses contacts de telle façon que l’éloignement géographique ne soit pas un éloignement social, handicapant pour le lien humain et pour le travail d’équipe.

 

Les écrans zoom constituent un bon relai de ce lien mais leurs limites ont été expérimentées par la moitié de la population mondiale. De facto, le contact réel reste capital.

 

Le siège social des entreprises peut ne devenir simplement qu’un hub de passages et d’interactions et peut même disparaître à terme puisque la rencontre et les interactions n’ont pas besoin de sièges sociaux pour se produire. Nous savons que les bureaux ne sont en moyenne utilisés qu’à hauteur de 40% du temps ; et que d’autre part, se rendre au bureau consomme en moyenne 20% du temps opérationnel. Se libérer de ces contingences très matérielles offrirait une liberté quotidienne nouvelle à la fois temporelle et spaciale, et un gain de temps productif énorme.

 

Jean-Louis Chaussade, président du conseil d’administration de Suez Environnement, rappelle cependant avec bon sens : « Certes, on fera des économies en termes de m2 et de kilomètres parcourus mais il faudra prendre encore plus soin de nos salariés […] et trouver les moyens d’une convivialité nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise ».

 

Un relai, très certainement digital, au service de l’interaction incarnée sera donc indispensable pour faire émerger le meilleur des scénarios possibles dans ce nouveau monde émergeant.

 

Il deviendra indispensable d’avoir un agenda partagé des présences des collègues au bureau puisque cette donnée ne sera plus évidente par défaut.

Et alors, puisque la venue sur site ne se justifiera plus pour les cols blancs que par le besoin de co-worker, d’interagir avec les collègues, il serait productif d’inventer un système qui puisse augmentée cette réalité d’interactions réelles, au même titre que le contact virtuel permet d’augmenter toute interaction mondiale via les écrans.

Une sorte de radar prédictif qui avertit de la présence prochaine et alentour des contacts professionnels importants, quel que soit l’endroit géographique où l’on se trouvera soi-même.

Un détecteur de présences futures synchrones, que ce soit sur le lieu de mon bureau ou dans l’espace de co-working que je choisis, ou sur la destination de mon voyage d’affaires ponctuel.

 

Le travail à distance couplé à la possibilité augmentée d’entrer en contact avec son écosystème, en jonglant autant avec le virtuel que le réel deviendra sujet de libération.

Libération de temps, de contingence de présence, et objet d’économies immobilières ainsi que d’économies de transport (CO2 et coûts, nos villes pourront se désengorger).

 

Bénéfices d’agilité augmentée et d’exploitation d’un Lean Management maximum, dans un scénario de décentralisation extrême qui pourra aider à se recentrer sur soi et sur les relations avec les autres.

Il faudra simplement des outils spécifiques pour organiser l’intelligence des commutes et des déplacements afin de favoriser les interactions réelles qui nourrissent le lien humain et la culture d’entreprise.

 


 

Benoit Rabourdin
CEO hubtobee

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